Taza : le premier défi

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Le mutisme des médias publics autour des événements de Taza montre bien le chemin qui nous reste à parcourir en terme de démocratisation.
Le traitement de l’information concernant ces événements est indigne :
Au lieu de traiter ces événements avec professionnalisme, les médias publics se sont contentés de consacrer quelques minutes pour montrer qu’ils ont fait acte de présence.
Bien entendu, à travers ces quelques minutes, le téléspectateur ne peut en aucun cas se faire une idée précise sur les raisons qui ont conduit à cette situation regrettable.
À ce titre, la comparaison entre ces deux vidéos confirme cette partialité dans le traitement de l’information :
Vidéo de 2M :

Vidéo initiale avant le montage de 2M

Le gouvernement, pour sa part, s’est limité à menacer les journaux électroniques qui ont eu le mérite de couvrir les événements. Le PJD marque ainsi un mauvais point, puisqu’il nous montre bien que de ce point de vue, il est dans une logique de continuité avec les gouvernements précédents. Un PJD plus audacieux, plus volontariste est toujours meilleur qu’un PJD menaçant qui use finalement de méthodes semblables à celles de ses prédécesseurs.

En revanche, on peut se réjouir du rôle des médias sociaux qui, aujourd’hui, nous informent des événements en temps réel. Facebook; Twitter, Youtube arrivent à contourner parfaitement le mutisme des médias publics. Mais il est vrai que ces médias sociaux manquent cruellement de professionnalisme et ne peuvent se substituer aux médias traditionnels

Pour finir, comment peut-on ne pas évoquer l’absence des partis qui ont un rôle d’intermédiation ?

Si un parti comme le PSU a dépêché sur place sa secrétaire générale, en la personne de Nabila Mounib, qui a été à l’écoute des citoyens et citoyennes, nous remarquons le mutisme des partis de l’opposition. Le PAM est sans-doute trop occupé par son congrès annuel qui aura lieu en février, le RNI, quant à lui, est dans une logique de continuité par rapport à son histoire. Que peut-on attendre en effet d’un parti comme le RNI qui a été aux affaires durant les périodes sombres de notre histoire ?
La réponse : pas ‘Grand-chose’.
L’USFP, à travers Hassan Tariq, a fait remarquer au PJD le caractère grotesque de son communiqué. Mais on s’attendait à plus de profondeur de la part d’un parti comme l’USFP …
Du côté de la majorité, le PJD a été l’un des rares à parler des événements. Un député de ce parti a ainsi fait un coup de gueule pour s’indigner contre la violence et la partialité de l’intervention policière. On regrettera néanmoins la distance qui sépare aujourd’hui le discours des militants de ce parti et celui du gouvernement.

J’espère qu’à l’avenir, responsabilité ne rimera pas avec langue de bois car de ce point de vue, le PJD nous a habitué à beaucoup mieux !

On peut néanmoins lui accorder la mention ‘au bénéfice du doute’; il vient juste de s’installer et il mérite bien un temps d’adaptation …

Pour les autres partis de la majorité, silence radio, comme d’habitude !!

GHALI

Al mountakhab et la CAN : Aroujou3 lilah

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La violence des réactions qui ont suivi la défaite de l’EN sont à la hauteur de la célébration très bruyante des victoires contre les terribles Tanzanie et Algérie. Au Maroc on est très comme ça, un jour tu es le héros le lendemain tu es zéro. Les gens ont donc la mémoire très courte, il y a quelques semaines ça allait de soi que Gerets avait fait un super boulot, que le Maroc était (enfin) dignement représenté par sa sélection nationale, que nous étions devenus soudainement par le biais de deux victoires contre deux équipes très moyennes un des favoris objectifs de la CAN au même titre que le Ghana ou la Côte d’Ivoire. Un ministre avait alors parlé du mouvement du 06 juin. Trolol. Je me rappelle d’avoir été traité de peine à jouir, de pisse froid, de nihiliste d’anti patriotique, quand suite à la victoire contre la Tanzanie et la mise en scène brejnevienne qui s’en est suivie j’avais surligné la fragilité de notre EN (notamment le fait que chamakh and co se sont méchamment fait dessus après l’égalisation de la faiblissime Tanzanie) et le fait que le potentiel de notre équipe rendrait difficilement envisageable une qualification à la deuxième phase de la CAN.

Depuis hier soir, Gerets et sa bande prennent cher, soudainement les mêmes qui glorifiaient le technicien belge à la suite du 4-0 contre l’Algérie, trouvent maintenant que 250,000 euros par mois est un salaire exorbitant. Au passage je trouve particulièrement indécent que des gens qui ont « mangé » à la table de la fédération, à la table de Fassi al Fihri et consorts se répandent dans la presse en tirant à vue sur tout se qui rapproche de près ou de loin à l’équipe nationale. Donc les mêmes arguments reviennent à chaque fois, pourquoi un entraineur étranger ? Pourquoi ce salaire ? Pourquoi pas Zaki ? Pourquoi pas Fakhir ? Les joueurs ne mouillent pas le maillot (sous-entendu ils ne sont pas patriotes), pourquoi ne sélectionne-t-on pas des joueurs du WAC/MAS/RCA (sous-entendu eux ont souvent joué contre des équipes africaines et tunisiennes ces derniers temps) ? Pourquoi Naybet (sous entendu ce dernier continue à manipuler des joueurs?

Aroujou3 lilah !!!! Une fois pour toutes, j’aimerais que nous prenions conscience que notre sélection nationale est une équipe très moyenne, dont le potentiel est entre la 10ème et la 20ème place en Afrique ni plus ni moins. Quand la Côte d’Ivoire ou le Ghana présentent chacune d’elle 4-5 joueurs hors normes (Yaya Touré, Gervinho, Drogba, andré Ayew etc) nous présentons au mieux deux très bons joueurs évoluant dans des équipes jouant le haut du tableau des championnats français et italiens (Belhanda et Benatia) le reste est soit composé de joueurs un peu cuits et très peu utilisés par leurs clubs (Chamakh, Haji) soit des joueurs évoluant dans des championnats professionnels de seconde zone. Quand la Tunise où l’Egypte (pour une fois absente de la CAN on les excusera au regard des événements politiques que traverse leur pays) présentent une culture tactique, une cohésion, une culture de la gagne indéniables, nous nous sommes les champions du monde du schéma de jeu indéfinissable. Je mets quiconque au défi de me dire hier quel était notre schéma directeur, c’était quoi notre plan de jeu ?

J’ai aimé comment la Tunisie s’est extirpée en souplesse d’un groupe qu’on a cru homogène. La Tunisie en 180 minutes n’a jamais pris le jeu à son compte, a été sacrément dominée par nous et par le Niger, à l’arrivée deux victoires, 4 buts marqués, deux encaissés, et le sentiment diffus qu’ils ont toujours eu un schéma directeur, qu’ils savaient où ils allaient. Nous c’est tout le contraire. Les 25 minutes du match d’hier laissent penser que les joueurs dans leurs têtes sont encore présents, ils y croient encore, Kharja est partout et fait une première mi-temps énorme, contre un Gabon qui fait n’importe quoi, on donne l’impression qu’on veut disputer les duels, on met pas mal de taquets, c’est pas brillant, c’est très brouillon mais les intentions sont là, quand Kharja ouvre la marque je me dis finalement pourquoi pas, ça peut se gérer cette histoire. Eh bien non !! La minute suivante exactement, on dépose notre démission collective. C’est très facile à remarquer un joueur qui démissionne, ça ne va plus au duel, ça ne prend plus aucun ballon, ça ne sait plus si ça doit défendre bas ou presser haut.

En soi, je ne critique pas le fait de laisser le ballon à l’adversaire après avoir ouvert la marque. L’Italie, qui s’est trouvée des milliards de fois dans son histoire dans la configuration de notre équipe nationale hier le fait très bien. Mais dans ce cas là il faut assumer à 100% savoir défendre très bas, laisser très peu d’espaces entre les lignes. Hier, l’équipe nationale du Maroc a inventé une nouvelle manière de défendre : les deux centraux défendent bas, mais les latéraux un peu plus haut afin que l’équipe adverse puisse jouer dans leur dos, les milieux défensifs arrêtent de disputer les ballons, et les attaquants ne vont plus au pressing et ne reviennent plus défendre. Gerets donne aussi un bon coup de main au Gabon en faisant sortir l’attaquant de pointe afin de ne surtout pas gêner la relance Gabonaise. Devant ma télé, je me fais la réflexion que je suis peut être entrain d’assister à la pire performance d’une équipe nationale depuis que je regarde le foot. Malgré tout ça le Gabon reste inoffensif et se crée 0 occase. Arrive le moment de grâce, l’instant où les onze de Gerets se disent cette fois on doit vraiment rentrer dans l’histoire du foot marocain. En deux minutes on se prend deux buts gags un suite à touche et l’autre suite à un dribble de Taarabt à l’entrée de notre surface de réparation, ce qui frise la faute professionnelle : L’expression explosion en vol devient alors très appropriée. La candeur du Gabon, son manque de maturité fait qu’ils nous concèdent un penalty et se laissent prendre en contre où Taarabt a un 3 contre 1 à gérer, normalement cette configuration aurait du déboucher sur une occasion énorme au minimum à un face à face contre le gardien, que fait Taarabt ? Une passe horrible qui excentre le pauvre Hadji qui hérite d’un ballon inexploitable. Le 3ème but gabonais est anecdotique, limite salutaire, car si nous avions fait match nul, on nous aurait bassiné les oreilles pendant 4 jours sur le fait que tout n’était pas mathématiquement fait, ben voyons.

J’ai envie de finir ce papier en disant à la bande à Gerets : allez les pitres, merci de nous avoir bien fait rire, la fiesta est finie vous pouvez rentrer à la maison. J’espère que cette déroute historique fera prendre conscience au peuple marocain que nous sommes une nation de foot moyenne, qu’au regard de notre palmarès exceptionnel (une CAN remportée en un demi siècle) nous n’avons de leçons à donner à personne. J’aimerais que les gens de la fédération royale marocaine rendent des comptes, nous expliquent pourquoi Gerets, pourquoi Marbella ? Pourquoi pas de matchs amicaux contre des équipes d’envergure ? pourquoi ces 23 là ? et comment vont-ils faire pour que ne nous soyons pas ridicules en 2015 quand la CAN sera organisée chez nous. Quant à la qualif pour la coupe du monde, j’ai encore envie de dire Aroujou3 lillah, nous avons été éliminés lors du tirage au sort qui nous a mis sur la route de la bande à Drogba.

By Alamovsky 

[Point de vue ] USFP: “Il ne sert a rien de rendre vertueux un cercle vicieux lorsqu’il devient irréversible” (Confucius)

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Voilà aujourd’hui deux échéances législatives l’USFP n’arrive plus premier, deux défaites électorales qui devraient suffire à poser un certain nombre de questions, et le pousser à “revoir sa copie”.
En 2007, nous l’avons vu, M. Elyazghi a été poussé à la sortie par ses collègues, eux mêmes logiquement (et normalement) éjectables. L’échec d’une équipe, d’une politique, d’une vision a été imputé à une personne, puis confirmé pour l’ensemble de la “Team” en 2011.
Deux élections que les marocains signifient clairement que le parti fondé par Benbarka et Bouabid n’est plus le bienvenu, ou qu’en tout cas, il ne répond plus à leurs attentes.
Et la logique voudrait que les cadres du parti, qu’une jeunesse dynamique prenne les devants pour poser une question anodine mais non moins importante: Pourquoi en sont-ils arrivés là?
Ajoutons-y une question qui s’impose au vu des données électorales dont nous disposons: Pourquoi une bonne partie des parlementaires USFP sont des notables ruraux? Portant les couleurs du Parti de façon tout à fait conjoncturelle et dans une perspective uniquement tactique (accéder à la chambre des représentants pour ne représenter que leurs intérêts).
Pourquoi l’USFP a-t-il été chassé des villes?
Commençons d’abord par soumettre les résultats à l’épreuve des chiffres, des faits.
Un tour du Maroc des villes met le doigt très rapidement sur le principal problème du parti : L’USFP n’est plus là où il doit être.

Soyons optimistes et commençons par les meilleurs résultats du parti dans les villes :

- A Fès, les ministres Ameur et Chami ont pu assurer leur présence dans l’hémicycle en glanant deux sièges parmi les 8 possibles à Fès.

- A Agadir, ville qui faisait office de vitrine d’un USFP soucieux de se mentir et de croire en un passé dont il ne garde que le bon souvenir, ville faisant office de véritable « Survivor » dans Koh-Lanta ittihadi, M. Kabbaj n’a pas manqué d’être englouti par le Tsunami PJDiste, en sauvant toutefois son siège. (1 siège / 4).

- Rabat, capitale historique du parti n’a pas manqué de participer à la claque électorale, l’USFP2011 n’a pas séduit les Rbatis, et sur les 7 sièges qui représentent la capitale, l’USFP n’a pu en glaner qu’un seul, dans les conditions que nous connaissons et par la personnalité que nous ne présentons plus, on y reviendra.

- Oujda, capitale de l’oriental, a décidé que l’USFP ne portera pas sa voix, en préférant interdire aux candidats socialistes de parler en son nom au Parlement, sur les 4 sièges d’Oujda, la rose n’en a eu aucun.

- Meknès, 6 sièges et aucun pour l’USFP.

- Marrakech, 9 sièges et aucun pour nous.

- Tanger, 5 sièges, USFP out.

- Le pire, la claque monumentale, la séisme électoral, le cerisier du le gâteau (une cerise est trop petite) : Casablanca. Dans toute la concentration des « forces populaires » que compte notre capitale économique, sur les 26 sièges que se disputaient les candidats Casaouis, les « héritiers de Bouabid » n’en ont eu AUCUN. 0 sur 26.
Je vous confierai entre deux lignes qu’il m’a été très difficile d’écrire ces chiffres, que j’ai même pensé à abandonner l’article à plusieurs reprises, mais j’ai pensé que nous devons nous rendre compte de ces erreurs, faire face à la réalité pour pouvoir espérer mieux repartir.
Maintenant que le parti enlasse le fond, il n’y a plus le choix, continuer à faire les aveugles, et creuser encore plus profond. Se réveiller, revoir son discours et se réconcilier avec sa propre identité pour remonter.

Je continue, sur les 69 sièges réservés à nos 8 plus grandes villes, l’USFP en a eu 4 : Trois par des ministres, 1 par un maire. Excusez du peu (et c’est le cas de le dire).

Le constat est sans appel, seuls 10% des parlementaires USFP ont été élus dans des grandes villes.

Revenons donc à notre question initiale :« Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?»

Bien conscient qu’à mon niveau, je ne peux décider des raisons qui ont débouché sur cet échec, j’émets néanmoins un certain nombre d’hypothèses qui pourraient expliquer dans une certaine mesure le refus marocain du projet ittihadi.

Le dépassement de l’ère des Zaïms :

Vu de l’extérieur, et vécu de l’intérieur, l’USFP est comparable à un « parc jurassique », l’expression à la mode ces derniers temps, est tout à fait vérifiable au sein des instances de notre parti.

L’heure n’est plus aux gesticulations staliniennes, ni aux communiqués stériles, la twittomania et les messages clairs, pertinents et concis se sont substitués aux formules téléchargeables et répétitives.

Ce qui a fait la légitimité de nos « leaders » il y a 20 ans n’est plus d’actualité, le dynamisme est corrélé à l’image, les marocains ont anticipé la retraite d’un USFP vieillissant et boiteux, l’option « sage du village » est à revoir.

Cette incapacité à se renouveler et à présenter de nouvelles têtes est une des principales faiblesses de notre parti, dans une démocratie, défaite inattendue est synonyme de retraite : une défaite suivie d’un nouvel essai est synonyme de petitesse. A bon entendeur.

Un mode de gouvernance oligarchique où l’intérêt d’un groupe d’individus devient prioritaire dans les politiques du parti :

Les deux points sont liés, l’un n’allant pas sans l’autre, les Zaïms anciennement proclamés et désormais auto-proclamés gèrent le parti de façon tout à fait oligarchique, le pouvoir est bien distribué entre les différents groupes et les intérêts des uns font les intérêts des autres, la main invisible s’occupe du reste, le tout bien sûr, dans l’intérêt des différents groupes qui détiennent le pouvoir.

Pire, le parti est de plus en plus réduit à un outil. On utilise le parti pour faire pression, on utilise le parti pour accéder à des postes : on utilise le parti pour servir ses propres intérêts.

Un discours qui a perdu toute crédibilité :

Enfin, le troisième point est également lié aux deux autres, l’USFPoutil s’adapte aux circonstances, ses changements de discours sont quantitativement inverses aux changements de têtes à ses commandes.

Un discours qui rompt non seulement avec son passé, mais également avec ce qui fait sa force : les masses populaires.

Et le verrouillage est tel, qu’aujourd’hui, nulle personne raisonnable ne peut espérer changer les choses, à moins qu’un véritable printemps ittihadi ne vienne pousser ces oligarques compsognathusienne à fuir sa queue entre ses jambes.

Aujourd’hui, le parti a le choix entre trois options :

- D’une part, continuer à mener la politique qu’il mène et courir à sa perte, la voie est simple, claire et toute tracée, nous l’avons vue.

- D’autre part, sombrer dans le socialisme de salon, trop s’intellectualiser jusqu’à couper le cordon avec le peuple et la base populaire. Nous le voyons bien souvent avec les partis de gauche dans les sociétés arabes.

- Réadapter son discours, rappeler son attachement aux valeurs de la Gauche et combattre ses adversaires politiques avec leurs propres armes. Que le discours politique du parti parte de la réalité du pays, ne réponde pas à une vision importée, ni à des intérêts.

Sur ces 3 possibilités, je préfère la troisième, notre force a toujours été dans la proximité entre le parti et le Peuple.

Notre héritage est bien trop beau pour que nous nous déclarions vaincus.

Vive l’Union Socialiste des Forces Populaires ! Vive le Maroc !

Driss Alaoui Belghiti.

Un Grand merci à l’AMDH …

Quoi qu’on puisse dire, l’AMDH reste et restera un acteur majeur dans le domaine des droits humains au Maroc.
L’AMDH contrairement à certains acteurs comme le CNDH, ne fait pas de la figuration. L’AMDH, n’a pas besoin par exemple de donner l’impression qu’elle est à l’origine de la libération de détenus politiques , comme ceux du mois d’avril  2011 pour se construire une illusion de crédibilité nationale et internationale.
Son action est d’abord et avant tout une action de proximité qu’elle mène dans les différentes villes de notre pays. Sa crédibilité est issue de ses adhérents qui militent bénévolement pour la consécration des valeurs universelles dans tout le Maroc. Mais aussi, par le fait que l’AMDH contribue à ne pas réserver les droits humains à une petite élite, mais veille à une action de masse en témoigne les 10 000 membres de cette association sans parler de ses sympathisants

L’AMDH, a toujours choisi le camp de ceux qui ont fait le choix de ne pas se taire en risquant leur vie. Depuis 1979, date de sa création, elle a soutenu tous ceux qui ont subi une violation flagrante des droits humains en fournissant une aide judiciaire gracieuse, sans oublier le soutien moral qui est très important dans ce genre d’affaires.

La présence de l’AMDH n’est donc pas futile voir inutile, sa présence est vitale dans le Maroc d’aujourd’hui et le restera !
L’AMDH a aussi le mérite de voir la question des droits humains comme un tout et non pas comme une petite affaire de législation.
D’ailleurs, l’AMDH a apporté naturellement son soutien au mouvement du 20 février et cela en total respect de la philosophie des droits humains qui considère que le peuple doit être à l’origine de tout pouvoir pour qu’on puisse avoir un principe de reddition des comptes opérationnel … ( pour ceux qui ne connaissent pas cette philosophie je vous conseille de lire ce résumé en cliquant ici )

Aujourd’hui, certains des mes amis comme Karim Tazi critique l’AMDH en considérant que certains de ses rapports sont caricaturaux. Sans doute, Karim a exprimé son avis à chaud avec virulence, mais je ne doute point que si Karim a dit ouvertement ce qu’il pense c’est justement parce qu’il aime bien l’AMDH. Karim n’hésita pas d’ailleurs quelques jours plus tôt à prendre ouvertement la défense de Khadija Ryadi lorsqu’elle fut injustement victime d’un commentaire déplacé …
Naturellement, on ne peut que souhaiter que les rapports de l’AMDH soient justes pour bien informer l’opinion publique. Mais, Dieu seul sait que ce n’est pas toujours simple d’être neutre dans un contexte comme celui du Maroc où les autorités n’ont pas la réputation de faire preuve d’un grand respect pour les droits humains.

Certains reprochent même à l’AMDH “un satellite” de l’extrème Gauche marocaine. On ne peut certes pas nier la relation historique et la fraternité qui lient Annahj à l’AMDH. D’ailleurs, le vice-président actuel de cette association fut un compagnon de route de feu Abraham Serfaty, l’une des figures historiques de l’extrême gauche marocaine …
Mais il est évident que l’extrême gauche et l’AMDH ne jouent pas dans le même terrain. L’AMDH a pris son envol et continue à militer pour que l’Etat réponde à ses revendications.
Pour l’anecdote, l’AMDH a rencontré Abbas El Fassi ancien premier ministre marocain après sa nomination pour discuter de ses revendications et elle est sans doute prête à rencontrer Benkirane pour discuter de ce qui peut être fait durant ces cinq prochaines années …
Preuve encore une fois que l’extrême Gauche marocaine et l’AMDH ne jouent pas tout à fait sur le même tableau …
Enfin, j’espère que les militants pour une véritable démocratisation du Maroc laveront leur linge sale en privé et non publiquement … Certes nous avons besoin de mettre les points sur les i mais n’exposons pas nos querelles internes, ceci joue le jeu des ennemis de la véritable démocratisation du Maroc. Il ne faut quand même pas se tirer des balles dans le pied …
A bon entendeur, salut
GHALI

Pour ceux qui souhaitent voir à quoi ressemble le quotidien de la présidente de l’AMDH voici un lien intéressant ==> khadija-ryadi-2

Makhzen une énième définition

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Les définitions historiques et générales données par les uns et les autres ayant été très complètes , je vais donc tenter comme promis de donner non ma définition car ce serait trop prétentieux, mais ma perception de ce qu’est le Makhzen, et avant d’aller plus loin je voudrais livrer une anecdote qui m’est arrivée il n’y a pas si longtemps puisque c’était au mois de mars 2011. Une journaliste qui avait assisté à la marche du 22 mars 211 m’avait fait remarquer que les ouvriers étaient aussi absents que les patrons des marches du M20 et m’avait demandé les raisons de cela. Ne sachant pas quoi lui répondre j’ai posé la question le lendemain à certains de mes propres ouvriers. L’un d’entre eux , et en référence aux fameux slogan “oua lmakhzen yatla3 barra” ,  m’a envoyé à la figure la réponse suivante: “mais qu’est ce que vous voulez au juste , renverser l’état ? Vous voulez l’anarchie dans le pays? (“bghitiou lfaouda taou9a3 flblad?”). Pour la plupart des marocains donc, lmakhzen c’est l’état, et beaucoup ont compris les slogans du M20 comme des slogans appelant à la révolution. Vu ce qui se passait au même moment en Lybie, en Syrie et au Yemen, c’était une perspective qui n’avait rien de séduisant, bien au contraire.

Bien sûr que les manifestants du M20 n’ont jamais eu l’intention de renverser l’état marocain dans son sens moderne. Ils sont conscients qu’un pays a besoin d’un gouvernement d’une administration, d’une armée d’une justice et d’une police, ils veulent seulement que cette chose qu’on appelle l’état soit sous le contrôle du peuple et de ses représentants. De là venait la revendication de la Monarchie Parlementaire système dans lequel le Roi est le symbole de l’unité du pays et de la continuité de l’état, ce qui ne l’empêche pas de conserver une importante autorité morale comme c’est le cas en Espagne. ll est possible qu’une erreur sémantique,  additionnée à d’autres erreurs tactiques très habilement exploitées par le pouvoir, qui a coûté très cher au mouvement du 20 Février.

Mais si le Makhzen ce n’est pas l’état, qu’est ce au juste? On peut , sans risque de se tromper, dire que c’est son ancêtre qui survit encore aujourd’hui aux côté de l’état moderne, allant parfois jusqu’à l’étouffer comme un père castrateur.

Le Makhzen c’est l’état féodal c’est-à-dire un système ou la principale source de légitimité est le Sultan, appelons le “le prince” ,  qui à son tour transmet sa légitimité et donc une fraction de son pouvoir à ceux qu’il a choisi pour le représenter et agir en son nom, et qui lui font allégeance. De là l’importance de la “bey3a” cérémonie dans le cadre de laquelle les suzerains se prosternent devant le seigneur e lui jurent soumission et fidélité [pratique que Hassan II avait d'ailleurs abolie avant de la rétablir en catastrophe lorsque le tribunal de La Haye a décidé que le lien qui liait les tribus sahraouies au Maroc était leur allégeance au Sultan du Maroc.]

Tel le serpent qui se débarrasse de sa vieille peau pour la remplacer par une autre,  l’état marocain est entrain de faire sa mue. Avec beaucoup de difficultés voire de convulsions,  il passe de sa forme féodale basée sur une cascade d’allégeances allant du roi au plus petit moqaddem,  à sa forme moderne où le pouvoir est légitimé par la loi et notamment la Constitution qui est elle-même censée être l’expression de la volonté du peuple.

Le Maroc est donc un pays dont l’état souffre d’un syndrome aigu de dédoublement de la personnalité. Comme Dr Jekyll et Mr Hyde , il a une face présentable et moderne , celle d’un état moderne fonctionnant avec des lois et des institutions et une face archaïque et inquiétante fonctionnant selon le bon vouloir du seigneur qu’il soit local ou national.

Quand Mohammed VI nomme le secrétaire général du PJD chef du gouvernement parce que la Constitution prévoit que c’est le chef du parti arrivé en tête des élections législatives qui doit former le gouvernement, il nous présente sa face de chef d’un état moderne. Peu importe alors, qu’il soit Roi ou Président. Quand, quelques jours auparavant, il nomme en toute illégalité un simple courtisan sans la moindre légitimité, à la tête d’une institution nationale s’appelant “Fondation des Musées nationaux” ,  il agit selon son bon vouloir, en tant que chef du Makhzen. On peut ajouter bien d’autres exemples récents à cette liste: Dr Jekyll (état moderne) : le discours du 9 mars, les élections du 25 novembre, Mr Hyde (état makhzen) : le G8, le recours aux baltajis, l’intervention des boutchichis, les chiffres du référendum.

En mode Makhzen il n’ y a aucune limite à ce bon vouloir du Prince. Plus l’égo de ce dernier est fort , moins il tolérera d’obstacle à son expression. Parmi ces  obstacles on peut citer les institutions, les lois, et les contre pouvoirs que ce soit l’opposition parlementaire, la presse ou la société civile.

Les régressions qu’a connu le Maroc en terme de liberté de presse, d’indépendance du patronat, de marginalisation du gouvernement et du parlement ne sont que des manifestations de la puissance de l’égo du Prince.

Mais il serait injuste et intellectuellement malhonnête de dire que  le mode makhzenien de gestion de l’état n’est que celui qui épouse le mieux la psychologie du Prince ,  car il reflète tout autant celle d’une grande partie de la population.

En réalité ce qu’on appelle le Makhzen est une fabrication de la société marocaine et il reflète très fidèlement son mode de fonctionnement patriarcale. Le Roi est considéré comme le père de tous les marocains. On lui obéit comme on obéit  un père, on lui embrasse la main comme on embrasse la main à un père. C’est d’ailleurs là la raison de la fracture qui existe au sein de la société marocaine vis-à-vis de la pratique du baise-main que les conservateurs et les traditionnalistes la trouvent tout à fait normale et que les modernistes trouvent rétrograde et humiliante.

Soit par erreur,  soit par mauvaise foi, une partie des forces dites démocratiques marocaines véhiculent l’idée d’un peuple marocain victime d’une force “extra-terrestres” appelée Makhzen, une sorte de tumeur bien circonscrite dont il suffirait de faire l’ablation pour guérir le Maroc des cancers de l’absolutisme et de la corruption.

Rien n’est plus faux que cette vision réductrice. Le Makhze est d’abord et avant tout une maladie du subconscient collectif d’une grande partie de nos concitoyens, et les fores démocratiques seraient bien avisées de comprendre que leur principale mission est la rééducation du peuple, d’où l’insuffisance des mouvements purement protestataires et la nécessité de l’action de long terme de la société civile et des partis politiques.

Pouquoi le mot makhzen est il , en ces mois de Printemps arabe, devenu une obsession du camp démocate? Parce que depuis 2003 le pays a connu une dangereuse dérive dans l’exercice du pouvoir qui est devenu excessivement personnel. L’apogée de cette dérive a été la montée en puissance de l’ami du roi et de son parti le PAM. Parce qu’il était l’ami du roi FAH a pu faire et défaire des carrières au sein de l’administration, donner des ordres aux ministres et même faire sauter ceux qui ne lui plaisaient plus. Mieux , l’ami de l’ami du roi , ilyass el omari a lui-même commencé à avoir les mêmes pouvoirs que son ami.

Enfin, il est impossible de conclure sans ajouter que le Makhzen se composent aussi et surtout de dizaines de milliers de personnes toutes extérieures à l’appareil d’état: les notables de province qui forment le gros des troupes des partis du G8 mais aussi de l’Istiqlal, de l’USFP et du PPS. Last but not least , on compte parmi les dignitaires du régime donc du Makhzen des “oligarques” et autres hommes d’affaires qui doivent leurs fortunes aux privilèges , derogations et autres protections attribuées par l’état. C’est ce qu’on appelle l’économie de rentes et elle a connu un tele développement depuis 2005, qu’elle a aussi contribué à exacerber la colère d’un grand nombre de citoyens qui la désignent sous le concept de “makhzen économique”.

Karim Tazi
 

[VIDEO] L’affaire EL7A9ED : l’avis de Karim Tazi

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Le militant associatif Karim Tazi qui suit l’affaire de Mouad depuis les premières heures nous a accordé une petite interview. Je m’excuse pour le cadrage qu’on tâchera d’améliorer.

GHALI 

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